[Monter une start-up] Vision vs. Quotidien par Guilhem Bertholet
Monter une startup, ce n’est pas créer une entreprise « normale ». En effet, dans une entreprise classique, on ne vous demandera pas vraiment de défendre une vision. En effet, on parle ici de créer un commerce ou une entreprise de service, la plupart du temps, sur des métiers bien connus, maîtrisés, où finalement les facteurs clés de succès sont votre intensité de travail, le lieu où vous vous implantez, votre capacité à être un bon vendeur, éventuellement votre savoir-faire technique si cela est nécessaire, et bien sûr la qualité de votre gestion.
C’est pour cela qu’on retrouve tout un tas de cadavres sur le bord de la route de la création : c’est en général parce que les créateurs ne maîtrisaient pas assez le business, étaient mal positionnés, ou ont géré le truc n’importe comment. Mais dans tous les cas, celui qui suit les règles de l’art de son business vivra bien (survivra, a minima) de son travail, et grossira petit à petit, bouche à oreille aidant et portefeuille clients grossissant.
Pour une startup, c’est tout de même différent : on s’attaque à quelque chose qui a priori n’a jamais été fait avant. S’il existe pour plus de 150 business des fiches APCE pour tout savoir de l’entreprise à créer, vous ne trouverez rien sur les projets innovants… on réinvente tout, à chaque fois. (Ce dernier point n’est en réalité pas tout à fait vrai, certaines méthodes de création permettent tout de même de suivre des manières de faire. Mais en aucun cas on ne vous explique les chiffres clés de votre business, ne vous donne de benchmark, ou ne vous liste toutes les étapes de la création.)
C’est bien pour cela, d’ailleurs, qu’il faut convaincre sur autre chose que des chiffres de rentabilité, ou un business-model bien bordé dans tous les sens. Autant pour une sandwicherie on saura combien de centimes de coût matière par sandwich ou quel loyer par m² il ne faut pas dépasser pour espérer s’en sortir, pour une startup, on sait que les chiffres du business plan sont à peu près aussi vrais que les promesses électorales de nos chers élus…
Mais comment faire, alors ?
Hé bien, c’est là qu’entre en jeu « LA VISION« . La vision, c’est le cap, l’endroit où veut aller l’entrepreneur, la mission qu’il se donne. La vision, c’est la somme de tout ce que l’entrepreneur a dans les tripes, dans le coeur, et dans le cerveau. C’est ce sur quoi on va pouvoir s’appuyer pour juger d’un projet, car on sait bien que la route est si dure que seule une vision affirmée, forte, ambitieuse… va donner de l’énergie aux équipes pour affronter le chemin.
Alors, certes, cela n’empêche pas que l’on va creuser quand même les chiffres, pas tant pour les vérifier que pour comprendre la réflexion et le raisonnement qui est derrière. Cela n’empêche pas non plus que l’on va tester un peu le bonhomme, après tout c’est une histoire d’humain la création d’entreprise. Cela n’empêche pas non plus qu’on va se montrer intraitable sur la façon d’attirer le chaland. Cela n’empêche pas, enfin, que le produit et la réponse aux besoins du client, devront être validés…
Mais je reste persuadé qu’en plus de l’homme, du business-model, du produit, et de la stratégie commerciale, la vision est le 5ème élément sans lequel le projet manquera de saveur…
Le problème, c’est que la vision demande du recul, du temps, de la réflexion, de la confrontation… autant de choses que l’entrepreneur ne peut que guère s’octroyer, face au compte à rebours de quelques mois (18, 24 maximum ?) qu’ils ont…
Gardez-vous donc du temps pour, régulièrement, respirer et sortir la tête de l’eau, et travailler votre vision. Beaucoup de choses sont plus simples au quotidien, une fois une vision définie !
Et vous, comment vous faites pour construire votre vision ? Vous y parvenez ? Des feedbacks ou anecdotes à raconter ?
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11. Sep, 2012 
La vision est avant tout engendrée par la conscience forte que le monde change; or on perçoit une des inflexions de ce changement comme une évidence absolue qui pourtant ne semble ni attirer l’attention, ni rencontrer une réelle approbation ou même considération.
De qui pouvons-nous dire qu’il est ou a été un visionnaire ? De qui a vu avant, et donc différemment.
Pour autant, cela ne saurait suffire, puisqu’on pourrait définir de la même manière un illuminé, ou un simple rêveur utopiste. Si dans leur contexte socio-historique, ces différents archétypes sont frères jumeaux -homozygotes- ce sont ensuite les descendants de leurs contemporains qui leur décernent ou non le statut de visionnaire.
Mon commentaire précédent a été tronqué. Merci de me signifier comment je peux publier l’intégralité du commentaire.